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Du chanvre dans le murs
Le chanvre fournit un matériau de construction plein de qualités, pour des maisons qui "respirent". C'est aussi un produit qui permet aux constructeurs d'exprimer leur potentiel créatif.

Pascal Pittet, de Châtillens, est à la recherche d'anciennes techniques, qu'il remet à l'honneur pour des rénovations et en vue de construire des bâtiments plus sains, à partir de matériaux recyclables et dont la production engendre aussi peu de nuisances que possible.

Cette démarche l'a conduit, il y a quelques années à s'intéresser au chanvre, dont le bois et même les fibres fournissent un matériau de construction de choix, qui est lentement remis au goût du jour. En fait, le chanvre est utilisé depuis des millénaires dans le bâtiment. Comme le souligne également Pascal Favre, constructeur à Echallens, dans les pays d'Europe de l'Est par exemple, les entrepreneurs dans les campagnes n'ont jamais cessé d'utiliser ce produit.

Dans les pays industrialisés, le développement des fibres synthétiques et, surtout, la prohibition de la culture du chanvre ont entraîné une quasi extinction de cette production et, dans la foulée, la disparition de tout le Savoir-faire pour valoriser les tiges de la plante.

La tige du chanvre peut atteindre plusieurs mètres de hauteur, pour un diamètre à la base de quelques centimètres. On l'utilise rarement à l'état brut mais le plus souvent après le séchage et traitement mécanique, qui permet de séparer ses deux constituants principaux: les fibres longues et le bois qui se fragmente en morceaux, appelé chènevotte. Parfaite pour fournir de la litière à chats, allumer le feu ou donner un matériel à compost rapidement putrescible.

Mais, la chènevotte est surtout très hydrophile capable d'absorber cinq fois plus d'eau que la paille de céréales ordinaire. C'est aussi un excellent isolant thermique, une matière très légère et qui s'amalgame aisément à la chaux, au plâtre, voire au ciment pour donner des mortiers à grains plus ou moins fins selon la taille et la quantité des fragments de chènevotte qu'on y incorpore.

Sèche, la chènevotte peut servir à isoler des cavités, tandis que les fibres peuvent être structurées en plaques ou en tapis, comme la laine de verre ou de roche. Mais c'est là une solution rarement employée, en raison de son coût élevé, même par rapport à d'autres fibres naturelles de substitution, comme le lin, les déchets de coton ou même la laine. Il faut savoir qu'une tige de chanvre fournit un quart à un tiers de son volume en fibres relativement précieuses et le reste en chènevotte.

 

 


Photo tirée d'ECOLUTION

Produit de rénovation
Incorporée à des crépis à la chaux et au plâtre, cette dernière leur confère des qualités qui en font un produit de rénovation idéal. Pascal Pittet l'utilise pour enduire d'anciens murs de pierres, par exemple dans des vieilles fermes, qui sont eux-mêmes liés à la chaux. En raison de sa perméabilité et de sa capacité à réguler les échanges d'humidité, la chènevotte convient parfaitement pour crépir des parois qui ont tendance a produire de l'humidité et à endommager les crépis modernes.

La construction neuve offre aussi d'intéressantes possibilités pour valoriser le bois de chanvre. Un mur en chènevotte est auto-isolant. Il n'a pas besoin de pare- vapeur ; il absorbe sans dommage l'eau de condensation et la restitue au gré des conditions météorologiques et des périodes de chauffage.

Chanvre, chaux, plâtre et bois
Les maisons neuves que construisent Pascal Favre et Pascal Pittet sont soutenues par des structures en bois, qui se retrouvent noyées dans la masse des murs. Pratiquement, le mortier est coulé dans des coffrages, un peu à la manière du béton, à cette différence près que l'artisan doit procéder par petites étapes, du fait que la prise de la chaux et du plâtre est très rapide.

Au final, on obtient des bâtiments relativement légers mais solides et durables (on peut re-trouver du chanvre dans des édi-fices plusieurs fois centenaires) qui respirent et dont les parois finies offrent un toucher doux, presque chaleureux, a-t-on envie de dire. C'est encore plus vrai lorsque l'artisan incorpore dans les crépis des éléments naturels, des feuilles ou des épis par exemple, ou qu'il rehausse ses créations de hauts ou de bas-reliefs qui mettent en valeur le modelé des surfaces, comme le propose Pascal Pittet.

 

 

 

 

 

 
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